Diabétique et peut-être bientôt maman, qui sait (?)

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Comment je suis devenue DID (suite)

16 février 2014 | Posté par DiabMum dans Mon DID

Le 31 juillet 2005, je suis plongée dans un coma diabétique. J’ai été diagnostiquée DID.

Je me rappelle de mon réveil. Je crois qu’il faisait sombre. En tout cas, la pièce dans laquelle je me trouvais était éclairée par une mauvaise lumière.

Tout juste avant de me réveiller, je crois que je faisais un rêve. Ou alors c’était parce que je reprenais conscience petit à petit. J’entends une femme parler assez fort « Mademoiselle, allez, on se réveille. Mademoiselle! Mademoiselle! » Elle est vive dans sa façon de me parler. Je ne crois pas qu’elle me « secoue »pour me refaire prendre conscience

Je commence à émerger. Je vois la lumière de la pièce en premier. Puis une silhouette au dessus de moi. Finalement les formes commencent à se préciser. Je me me sens groggy avec la tête qui tourne. Je sens aussi que ça me brûle au niveau de la vessie (j’ai appris plus tard que j’ai tout simplement arraché ma sonde urinaire pendant mon inconscience).

Question de l’infirmière ou du médecin : Est-ce que vous savez-où vous êtes? Oui je crois mais je réponds que non. Alors la femme qui m’a réveillée m’a expliqué.

« Vous êtes à l’hôpital. Vous avez été inconsciente / dans le coma (je ne sais plus très bien). Vous êtes #diabetique. »

Le ciel me tombe sur la tête.

Je crois qu’elle continue à me parler. Mais je suis absorbée par autre chose : mes pensées. Celles toutes fraîches de mes deux dernières années scolaires en 1ère Scientifique. Années pendant lesquelles j’ai appris plusieurs choses en sciences, dont un très long chapitre sur la régulation de la glycémie dans le corps.

Je me rappelle que j’avais attendu ce cours avec impatience lors de ma première année de 1ère. Mais que je n’avais pas aimé parce que mon prof de l’époque nous avais obligé à apprendre toutes les formules des réactions chimiques sur la régulation de la glycémie. Formules tellement longues que je les détestais. Et mon prof avec.

Je me rappelle aussi que cette année-là, avec deux camarades, j’avais choisi les #diabetes comme sujet de TPE (rapport portant sur un sujet prenant en compte 2 domaines parmi sciences physique chimie et maths). Avec mes camarades, on était parties sur le mauvais chemin en faisant une redite du cours. On s’était plantées et on avait eu une sale note. A ce moment-là, je me rappelle que je disais à une de mes copines juste avant de rentrer en cours: « Je détesterais avoir cette maladie. Je ne le supporterais pas. »

Je me rappelle aussi de toutes les conséquences que j’avais apprises en cours : piqûres, suivi médical ultra poussé, les conséquences comme la possibilité de devenir aveugle,  d’être amputé, de mourir jeune, d’avoir des difficultés à avoir des enfants… A ce moment-là, j’aurais préféré qu’on ne soit pas en 2005, que la médecine ne soit pas aussi performante. Bref, j’aurais préféré ne plus être là. Pour ne pas subir cette maladie.

J’ai été hospitalisée pendant une grande partie de mes vacances. A la fin de l’hospitalisation, je me rappelle que mes bras avaient été piqués et perfusés tellement de fois qu’ils en étaient devenus bleus du coude à la main. Les infirmières ont même du me piquer dans le poignet à la fin. Et pendant cette période, j’ai du apprendre à faire mes glycémies, mes injections, réapprendre à manger. 

En sortant de l’hôpital, je me sentais comme une étrangère : vis-à-vis des autres, vis-à-vis de moi. Bizarrement, quand il arrive quelque chose comme ça, les gens qu’on connaît compatissent et se rapprochent. Mais ce n’est pas pour ça qu’on ne se sent pas seul. Je crois d’ailleurs que je ne me suis jamais sentie aussi seule. Seule parce que je suis « différente ». Seule parce que mes proches ont du mal à comprendre les implications que ça engendre. Et comme ils sont mal à l’aise avec cette réalité (peut-être n’osent-ils tout simplement pas me poser de questions sur le sujet, ce qui est dommage), je le suis tout autant avec eux. Et encore plus avec ma mère qui se sent responsable de mon état.

Aujourd’hui, je n’accepte toujours pas cette maladie. Ou peut-être seulement depuis quelques semaines. Depuis que je me suis lancée sur un forum, que j’ai parlé de mon #diabete sur Twitter, que j’ai participé à des conférences sur le sujet, que j’ai ouvert ce blog. En fait, depuis que mon mari et moi avons décidé de lancer le projet Mini Pépito. Depuis que je ne me sens plus aussi seule avec mon #HbA1C bien au dessus de 7%.

Toujours, j’essaie de vivre avec. De tout façon, je n’ai pas vraiment le choix. Avec des jours + et des jours -. Avec des hypos et des hypers qui pointent le bout de leur nez au mauvais moment (par exemple, le premier jour de boulot où il faut montrer qu’on assure, ou encore tout en haut d’une piste de ski rouge,…).

Mais finalement, même avec ces hauts et ces bas, c’est gérable. Et puis, je sais que je peux compter sur le soutien de mon mari. Sans compter que j’ai trouvé ce fabuleux exutoire : le web, où je retrouve des personnes qui sont comme moi, avec qui je peux discuter et qui comprennent ce que je vis. Ces échanges me permettent véritablement de me sentir mieux au quotidien.

Lisez aussi la première partie : Comment je suis devenue DID.

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